L’opportunité européenne du Maroc

«Bactrocera oleae». C’est le nom scientifique d’une bactérie qui est en train de ravager les oliveraies sud-européens, notamment espagnols et italiens. Cela pourrait faire le bonheur des exportateurs oléicoles marocains, leur offrant l’opportunité de mieux pénétrer les marchés et de faire connaître le produit national.

Les oléiculteurs italiens et espagnols broient du noir. Et pour cause. Les pays leaders mondiaux de l’huile d’olive sont frappés par un mal qui met son secteur oléicole en péril. Ce sont plus précisément les oliviers italiens qui sont touchés par une maladie qui condamne une grande superficie de l’oliveraie. Des milliers d’oliviers sont déracinés, et des centaines de kilomètres carrés arboricoles sont mises en quarantaine pour éviter la propagation de la contamination. Du coup, les prévisions de la campagne italienne sont pour le moins pessimistes, et les pays concurrents s’en frottent les mains, pour l’instant. Une situation qui risque de changer profondément la structure et les volumes du marché international de l’huile d’olive sur le moyen terme. Le Maroc doit évidement prendre en considération cette nouvelle donne et préparer autant ses armes offensives que défensives.

Le malheur des uns…
«Les prévisions pour la saison 2014-2015 sont moroses, et on s’attend à une baisse de près de 30% de la production mondiale. En cause, la conjugaison de mauvaises conditions climatiques, notamment la sécheresse, et la propagation de la bactérie «bactrocera oleae», relayée par une espèce de mouche, dans les oliviers sud-européens qui menace sérieusement la filière. De ce fait, la production européenne devrait chuter de près de 40% pour cette saison», relève le Conseil national du commerce extérieur (CNCE) dans une note d’information. Le conseil révèle ainsi que l’Espagne, premier producteur mondial, subirait les plus grosses pertes et serait privée de près de la moitié de sa production d’huile d’olive. L’Italie, pour sa part, perdrait un tiers de sa production. «Du coup, les prix se sont envolés depuis février 2014, rompant ainsi avec le trend baissier observé un an auparavant. En décembre dernier, le cours de l’huile d’olive extra-vierge a atteint un sommet jamais égalé ces 5 dernières saisons. Le prix a culminé à près de 4.480 dollars la tonne, soit une hausse de 25% par rapport à décembre 2013», souligne le CNCE dans son analyse. Un constat qui est d’ailleurs confirmé par les exposants qui prennent part au «Sol & Agrifood» de Vérone: d’une part morosité et anxiété des producteurs européens, et d’autre part un sentiment mitigé de la part des Marocains. Mitigé, en ce sens où, si le malheur des européens est susceptible de faire le bonheur des exportateurs marocains, que ce soit du côté du volume que de celui des prix de vente, il subsiste un risque non négligeable de la propagation de la bactérie «oléicide» aux oliviers marocains. «Il faut absolument que des mesures de protection soient prises pour préserver l’oliveraie marocaine de cette maladie destructrice», insiste ce producteur marocain qui ne manque pas de souligner l’opportunité qui se présente. «Les services douaniers et sanitaires marocains se doivent de renforcer leurs contrôles et augmenter leur vigilance afin d’éviter que la bactérie ne franchisse les frontières marocaines», poursuit cet opérateur. Côté opportunité, il faut également mettre les bouchées doubles pour maximiser la valeur ajoutée générée et parvenir à réaliser le bond significatif ciblé. En effet, l’essentiel de nos exportations oléicoles est toujours constitué d’huiles en vrac. Et la conjoncture actuelle pousse les producteurs européens à importer encore plus de volume en vrac afin de faire tourner leurs chaînes d’embouteillage, que la production locale ne suffit plus à alimenter. Que du bon pour les opérateurs marocains diront plus d’un. Mais le hic c’est que, une fois conditionnées, les bouteilles contenant l’huile d’olive d’origine marocaine sont estampillées «Made in EU», même si certaines ne contiennent qu’un cinquième d’huile d’origine européenne, le reste étant généralement constitué d’huiles marocaine, tunisienne ou encore turque. La réglementation européenne le permet, et joue ainsi contre les marques marocaines exportées en bouteille, à valeur ajoutée beaucoup plus élevée. Sans parler des subventions massives que l’UE accorde à ses producteurs, et qui fausse directement le jeu de la concurrence avec l’huile d’olive du royaume. 

Source: Les Inspirations Eco

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