Les ambitions africaines de Cosumar

Cosumar continue d’expédier des cargaisons de sucre blanc vers l’étranger. Le groupe industriel ambitionne, en effet, de se renforcer à l’international. Mais pour le moment, seules quelques expériences sont menées au niveau de certains pays. Selon le groupe, cette ouverture est motivée par une volonté de croissance externe sur un marché africain «déficitaire et fortement demandeur». Le continent représente en effet un déficit en matière de sucre de 6 millions de tonnes par an. Les besoins annuels du Maroc en sucre blanc sont estimés à 1,2 million de tonnes (en moyenne) et la capacité de production de la raffinerie de Cosumar à Casablanca tourne autour de 1,65 million de tonnes. Le top management du groupe industriel table sur les capacités industrielles excédentaires de cette raffinerie pour approvisionner le marché africain (soit 450.000 tonnes). Les ambitions d’exportation ont été motivées surtout par les bonnes performances agronomiques pendant la campagne 2013 et par la capacité de production actuelle dépassant les besoins du marché qui permet de satisfaire les besoins d’autres marchés extérieurs.

Dans son rapport annuel 2013, qui vient d’être publié, le leader national de l’industrie sucrière livre quelques détails sur la stratégique adoptée pour se diversifier à l’international. «L’ambition de Cosumar de se développer dans le continent africain et sur toute la zone MENA converge avec celle de son actionnaire Wilmar déjà présent au Ghana, en Ouganda, au Nigeria et en Côte d’Ivoire», souligne Cosumar dans son rapport.
Pour rappel, depuis le 15 avril 2013, le singapourien Wilmar International est l’un des actionnaires de référence de Cosumar, à hauteur de 27,5% du capital. Le groupe est l'un des leaders de l’agroalimentaire en Asie. Pour pénétrer l’Afrique subsaharienne, Cosumar compte donc sur la force de frappe de son actionnaire de référence. Ce dernier détient 27% du capital du groupe agroalimentaire ivoirien Sifca et développe des investissements dans l’amont agricole en Côte d’Ivoire, en Ouganda, au Ghana et au Nigeria. S’y ajoutent des investissements industriels dans le raffinage et la commercialisation d’huile en bouteille au Ghana et en Afrique du Sud. Des marchés qui constituent de nouveaux débouchés pour l’industriel marocain.

Notons que le marché mondial du sucre consomme annuellement 160 millions de tonnes. Ce marché est alimenté par deux principales matières premières : la betterave et la canne à sucre, dont les plantations sont présentes à 70% dans les régions tropicales. Les deux tiers des flux mondiaux proviennent du Brésil.
Cosumar rappelle qu’il avait déjà commencé ses premières opérations d’exportations en 2013. Des cargaisons ont été ainsi expédiées vers des pays comme la Mauritanie, le Canada, la Guinée Conakry, les Pays-Bas, l’Albanie ou la Turquie. Le sucre est exporté sous forme de pains, de lingots, de morceaux et de granulés de 50 kg sous la marque Nmer ou conditionné sous la marque des clients de Cosumar. De nouveaux formats de sacs de 50 kg en emballage renforcé ont été adoptés spécialement pour ces opérations. Selon le raffineur, le sucre exporté est soumis au régime d’admission temporaire du sucre brut qui ne bénéficie d’aucune subvention. 

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